Par Amélie Tsaag-Valren
http://www.cheval-savoir.com N°58
Les dernières statistiques de la
filière viennent tristement confirmer ce que l’on pressent depuis des
mois. Un encaissement difficile de la TVA, des statistiques moroses, des
budgets resserrés et une baisse de l’élevage... Des problèmes qui
conduisent à prendre les chevaux en otage pour en faire des victimes de
la crise économique. Mais la jeune génération semble bien décidée à
changer les choses. Analyse et enquête.
« Baisse, repli,
recul »… les dernières statistiques de la filière équestre ressemblent à
la longue énumération d’une déprime chronique. Seules les enchères de
galopeurs s’envolent et tiennent le haut du pavé, creusant de plus en
plus l’écart entre un milieu d’élite internationalisé qui ne connaît pas
de crise, et le reste du monde équestre français en souffrance.
Personne n’est épargné, surtout pas les chevaux qui voient s’effriter là
leurs derniers remparts de protection...
Nous avions malheureusement anticipé les abandons dès l’an dernier :
entre le refus de l’abattoir et celui d’un équarrissage trop
coûteux, certains propriétaires choisissent d’abandonner leurs chevaux
dans la nature. Alors que les annonces du type « donne cheval contre
bons soins » étaient rarissimes voici une dizaine d’années, elles
fleurissent aujourd’hui sur les sites d’échanges et de ventes entre
particuliers, parmi les chats, chiens et lapins nains.
Les associations de protection animale ont toutes, sans exception, enregistré des hausses de demandes d’accueil
Le
coût de l’équarrissage et des soins conduit à considérer les chevaux
âgés « non mangeables » comme dépourvus de toute valeur autre
qu’affective. Et leurs propriétaires se montrent de moins en moins
regardants sur l’acquéreur.